Notre histoire

Historique du Réseau

La création du Réseau Louis Guilloux (ex Réseau Ville Hôpital 35) en 1991 provient de l’initiative de médecins généralistes et de médecins hospitaliers autour de la prise en charge des personnes séropositives pour le VIH. Sa constitution en association loi 1901 s’est réalisée deux ans plus tard.

Cette création répondait à la circulaire ministérielle sur la mise en place des réseaux (DH/DGS N° 612 du 4 juin 1991) portant sur la nécessaire création d’une interface entre la ville et l’hôpital pour améliorer les conditions de vie des patients dont le pronostic vital était engagé. Les patients évoluaient systématiquement vers le stade SIDA associant des complications majeures à de nouvelles contraintes sociales et psychologiques. De par les fréquentes hospitalisations et les nécessaires retours à domicile, une implication globale des différents acteurs médico-sociaux de la ville et de l’hôpital était essentielle.

La nécessité de ce tout premier réseau de soins était alors évidente : l’infection par le VIH était une nouvelle pathologie, complexe, avec un pronostic péjoratif et un retentissement psychologique et social majeur pour le patient. La prise en charge coordonnée entre la ville et l’hôpital était une priorité à mettre en place.

Des soins lourds et prolongés étaient nécessaires chez les patients dont l’évolution vers le stade SIDA était inéluctable.

Après 10 ans d’existence du réseau, la prise en charge médicale a considérablement évolué (avènement des trithérapies) comme le profil épidémiologique des patients nouvellement contaminés. Les besoins de formation ou d’actualisation des connaissances étaient importants et les professionnels de santé ont dû s’adapter à ces évolutions.

Le réseau a accompagné cette évolution et a formé l’ensemble des professionnels de santé à cet accompagnement et à l’arrivée des traitements en ville (médecins généralistes, infirmiers, pharmaciens, ophtalmologistes, chirurgiens dentistes, laboratoires d’analyses, …).

Parallèlement, les prises en charge complexes sur le plan médical ont considérablement diminué depuis la généralisation des nouvelles thérapies anti-rétrovirales. Néanmoins les difficultés persistent dans la prise en charge de certains patients présentant une séropositivité VIH et une précarité sociale majeure.

Une approche multidisciplinaire complète intriquant le médical (soins infirmiers, observance thérapeutique…) et la prise en compte de la situation sociale (sans domicile fixe, logement précaire ou inadapté…) s’est alors avérée nécessaire.

Après une évaluation du réseau réalisée en 2000, il a été proposé d’élargir l’activité en appliquant les concepts du travail en réseau à d’autres pathologies.

Les difficultés repérées par les professionnels de santé de la ville et de l’hôpital dans la prévention, le soin et l’accompagnement des populations migrantes ont naturellement fait émerger des difficultés spécifiques, non pas directement liées à des problèmes culturels, mais plus à la situation engendrée par l’immigration (statut social précaire, recours tardif ou non justifié aux services de santé, pathologies complexes (tuberculoses résistantes par exemple)).

Le réseau s’est orienté vers la population migrante dans un souci d’approche « populationnelle » et globale (médicale, psychologique et sociale) et non plus sur une thématique liée à une pathologie, à l’instar de son expérience déjà pluridisciplinaire.

En 2005, le Réseau a ouvert le Centre Médical Louis Guilloux (CMLG) pour prendre en charge cette population. Un pool d’interprètes médico-sociaux a dû être créé en parallèle pour effectuer en langue maternelle les consultations de personnes allophones. Actuellement, ces interprètes sont sollicités dans l’ensemble de la région.

Cette expérience du médico-social repérée par les pouvoirs publics, a permis de participer en 2006 à la création du Centre de Lutte Antituberculeuse (CLAT) dont le réseau assure l’animation de prévention primaire et secondaire en collaboration étroite avec le CHU de Rennes et le CH de St Malo.

Par ailleurs, la reconnaissance de centre de référence pour la prise en charge des migrants primo-arrivants nous a permis de mettre en place un dispositif d’appui des professionnels pour l’ensemble de la région Bretagne (le DATASAM : Dispositif  d’Appui Technique pour l’Accès aux Soins des Migrants) avec des médecins coordinateurs dans 6 villes.

Enfin, malgré l’approche populationnelle autour des personnes migrantes primo arrivantes et des personnes précaires autochtones, les activités « autour » de l’infection par le VIH se poursuivent avec une coordination des patients présentant des problèmes majeurs et l’ouverture d’une consultation d’infectiologie pour les personnes qui ne veulent pas être suivies au CHU et pour les personnes migrantes suivies au Centre médical.

Le Réseau Ville Hôpital 35 a changé de nom en 2013 pour devenir le Réseau Louis Guilloux.

Actuellement le Réseau comprend 5 pôles d’activité :

  • Le Pôle Migrants (2005) avec le DATASAM (Dispositif d’Appui Technique pour l’Accès aux Soins des Migrants) (2013) comprenant un centre médical : accès aux soins et à la prévention pour la population migrante allophone
  • Le Pôle d’Interprétariat médico-social (2007) : faciliter la communication entre les professionnels médicaux-sociaux et la personne migrante
  • Le Pôle Tuberculose (2006) : assure la coordination du centre de lutte anti-tuberculose pour le département d’Ille-et-Vilaine (CLAT 35) : enquête autour des cas, prise en charge, épidémiologie et prévention
  • Le Pôle de Coordination en Santé sexuelle (ex pôle VIH et ex PCPPS) (2014) : coordination, prise en charge et prévention à l’échelle de la région Bretagne
  • Les Appartements de coordination thérapeutique pour des patients atteints de pathologies chroniques. (10 places en 2008) avec une extension de 5 places en 2016 L’objectif est de permettre aux personnes d’accéder à plus d’autonomie et de les accompagner vers un projet de réinsertion sociale.

 Février 2008, inauguration du Centre médical Louis Guilloux, place du Banat, en présence de Monsieur Edmond Hervé maire de Rennes.